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Religions et croyances

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La vie spirituelle des vietnamiens, hier comme aujourd’hui, est façonnée par l’influence croisée de plusieurs croyances et religions : culte des ancêtres, bouddhisme, confucianisme, taoïste, christianisme, islam.

Au lendemain d’une domination chinoise de plus de mille ans (179 AC – 938 AD), les premières dynasties nationales (10ème- 14ème siècle) ont favorisé l’épanouissement du bouddhisme, tout en jetant les bases d’une éducation nationale axée sur le confucianisme. C’est à partir du 15ème siècle que ce dernier a pu, grâce aux profonds bouleversements agraires et sociaux, l’emporter sur le bouddhisme jusqu’à lors considéré comme religion nationale et marquer de son empreinte la société médiévale. Les rivalités interreligieuses étaient plutôt provisoires; le lettré confucéen, qui pratiquait bien évidemment le culte des ancêtres, était plus ou moins taoïste et bouddhiste ; le peuple mélangeait ces différents cultes. La Cour, elle, n’hésitait pas à organiser des examens spéciaux traitant des trois religions fondamentales.

Le christianisme, importé de l’Occident à partir du 16ème siècle n’a pas réussi à s’implanter au Vietnam comme religion nationale, parce qu’il lui manque la tolérance des trois religions fondamentales. Elle supprimait toutes les divinités païennes, et rejettait le culte des ancêtres si cher au coeur de la population.

Mais le christianisme n’est pas pour autant refusé, bien au contraire. Dans ce pays ravagé pendant des siècles par des guerres, on assiste à une véritable coexistence pacifique des religions qui ne se nient pas mais qui se complètent.

Le bouddhisme est largement défini non pas comme une religion mais plutôt comme une philosophie orientale, fondée en Inde par Siddhârta Gautama (vers 560-483 av. J.-C.), prince de la tribu des Sakya, connu sous le nom de Bouddha “l’Illuminé”. Le but de cette philosophie est de sortir du cycle des réincarnations et accéder au nirvana (affranchissement éternel de la succession d’épreuves qu’est la vie terrestre)…

Le bouddhisme tient davantage de l’éthique que de la religionIl s’agit en fait de supprimer les désirs tentateurs (désir d’exister, de plaire, de posséder …), qui sont à l’origine de la souffrance universelle, pour atteindre le nirvana (vérité absolue et délivrance totale) et par là-même devenir Bouddha (“l’éveil”). On peut l’atteindre lorsque l’on a reçu l’illumination parfaite en suivant le chemin du juste : vue juste, pensée juste, langage juste, action juste, existence juste, pratique juste, volonté juste et méditation juste. Deux croyances fondamentales organisent la philosophie du bouddhisme : tous les êtres vivants se réincarnent un nombre indéfini de fois ; le déroulement de chaque vie est prévu selon les actions accomplies dans la vie précédente.
Selon le bouddhisme, tout est transitoire. Il y a un commencement, une durée et une fin. Par conséquent, il n’existe pas, pour les bouddhistes, de Dieu créateur et éternel.
Le bouddhisme aurait été introduit au Vietnam dès le début de notre ère (vers la fin du deuxième siècle) tant par la voie maritime – le bouddhisme venu du Sud ou le « Petit véhicule » – que par la voie terrestre – le bouddhisme venu du Nord ou le « Grand véhicule ».
Le bouddhisme a connu son apogée au Vietnam du 12ème au 14ème siècle, sous les dynasties des Ly et des Tran qui l’ont porté au rang de religion nationale. Bouddhisme et politique s’immisçait alors, plusieurs bronzes participant à la vie politique et plusieurs monarques étant bronzes. La pagode était devenue le centre culturel des communautés villageoises, les bronzes jouaient en même temps le rôle d’instituteur.
A partir du 15ème siècle, le bouddhisme céda sa place au confucianisme au niveau de la superstructure sociale. Il quitta la Cour mais reste ancré dans les villages, où les pagodes constituent toujours le point de repère de la vie spirituelle de la population.
Le bouddhisme a joué un rôle très important pendant les guerres de résistance, par sa conception hostile aux agressions. Il est donc, a l’heure actuelle soutenu politiquement, contrairement à ce que disent souvent les observateurs mal informés qui prétendent qu’il est réprimé.
Le confucianisme n’est pas une religion au sens strict du mot, mais plutôt une philosophie morale, fondée par Confucius (551-479 av.JC), qui ne se préoccupe ni des origines du monde, ni des fins invraisemblables de l’homme dans l’au-delà. Le confucianisme préconise un modèle d’homme, le ”junzi”, modèle de sagesse et de vertu individuelle, fondé sur la bienveillance et la correction morale, l’humanisme, l’amour de son prochain.
La préoccupation centrale du confucianisme est de remédier aux désordres sociaux causés par la cupidité de l’homme et par son désir de réussite sociale. La solution proposée par Confucius est de construire une société paisible et stable soumise à un souverain, à l’immage d’une famille bien hiérarchisée autour du père.
Le souverain est au sommet de toutes les hiérarchies. Il est le fils du Ciel et le père de tous ses sujets. Le souverain doit se comporter envers ses sujets en bon père de famille : il doit les aimer, les protéger et les éduquer. En revanche, le peuple doit être soumis et reconnaissant envers le souverain.
Le taoïsme (Lao Giao ou Dao Giao) est né en Chine. On le doit à Lao Tseu (Laozi) ou Thai Thuong Lao Quan, surnom qui signifie, littéralement, le Vieux Sage. Ce philosophe aurait vécu au VI e siècle av.J-C.,mais son existence est mise en doute. L’Histoire veut pourtant que Confucius en personne ait aimé consulter ce gardien des archives impériales.
Il est peu problable que Lao Tseu ait tenté de faire de sa philosophie une religion. On attribue à Chang Long la responsabilité de l’avoir officiellement déclarée religion en 143 a. J-C. Plus tard, le taoïsme s’est divisé deux, le culte des Immortels et la Voie du professeur divin.
Comprendre le taoïsme n’a rien de facile. Cette philosophie préconise la contemplation et la vie simple. Son idéal set de revenir au Tao (La Voie, le pricipe de l’univers). Seule une élite, tant en Chine qu’au Vietnam, a été capable de saisir une telle philosophie, fondée sur plusieurs correspondances (Par exemple le corps humain, réplique microcosmique du macrocosme) et sur le am et le duong, équivalents vienamiens du yin et du yang. Pour cette raison, le Vietnam compte peu de pagodes proprement taoïstes, l”essentiel de ce rituel étant absorbé par le bouddhisme chinois et vietnamien. L’influence taoïste que vous remarquerez sans doute en architecture, consiste à utiliser des dragons et des démons pour décorer les toits des temples.
Selon la cosmologie taoïste, Ngoc Hoang, l’empereur de Jade, dont la demeure est dans les cieux, dirige un monde de divinités, de génies, d’esprit et de démons dans lequel les forces de la nature sont incarnées par des êtres surnaturels et de grands personnages historiques divinisés. Cet aspect du taoïsme fait partie de la vie quotidienne des Vietnamiens sous la forme de superstitions et de croyances mystiques et animistes. Nombre des pratiques de sorcellerie et de maigie, dont se nourrit aujourd’hui la religion populaire, tirent leur origine du taoïsme

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